Double urgence sanitaire au Sud-Ubangi : L’épidémie d’Ebola s’ajoute à la menace du Choléra, les écoles en péril absolu

Une crise humanitaire et sanitaire d’une gravité sans précédent
La province du Sud-Ubangi se trouve au cœur d’une tempête épidémiologique majeure. Alors que la région lutte déjà âprement contre des foyers de choléra persistants, une épidémie de maladie à virus Ebola a été officiellement déclarée le 10 septembre 2026 par le Gouverneur intérimaire, le Professeur Jean-René Galekwa Vundawe (lien). Les analyses de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) ont confirmé la présence de la redoutable souche Bundibugyo dans la zone de santé de Bulu.

La conjonction de ces deux maladies hautement contagieuses crée une situation de vulnérabilité extrême. D’un côté, l’épidémie actuelle d’Ebola est la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, totalisant au 8 septembre 6 843 cas confirmés et 3 310 décès, avec un taux de létalité effrayant de 48,4 %. De l’autre, le choléra ravage le pays avec 41 279 cas et 1 214 décès recensés depuis le début de l’année.
Le Sud-Ubangi, épicentre d’une double menace
Bien que le Sud-Ubangi soit la septième province touchée par Ebola, sans lien épidémiologique établi avec les autres régions touchées, son système de santé est déjà saturé par la lutte contre le vibrion cholérique. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment souligné que malgré une diminution globale de la transmission du choléra dans le pays, des foyers alarmants persistent au Sud-Ubangi (Rapport de l’OMS).
Cette situation est d’autant plus critique que la RDC enregistre toujours plus de 1 000 cas suspects de choléra chaque semaine. Ce chiffre, largement supérieur au seuil d’alerte de 500 cas hebdomadaires, est jugé très alarmant par l’OMS à l’approche imminente de la saison des pluies. Les manifestations cliniques initiales de ces deux fléaux se confondent — forte fièvre, vomissements et diarrhées intenses — ce qui complique dramatiquement le diagnostic précoce, la surveillance et le triage des patients.
Les établissements scolaires en première ligne
Face à ces maladies liées au contact direct et aux conditions d’hygiène précaire, les établissements scolaires représentent des bombes à retardement épidémiologiques. La promiscuité et le manque d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) exposent massivement les enfants et le personnel éducatif à une transmission rapide et incontrôlable du choléra et du virus Ebola.
Alerte et appel urgent à l’aide internationale
Une riposte rapide, agressive et coordonnée est la seule option pour éviter une hécatombe. Dans les prochains jours, le Centre Social Mgr Bolangi Asbl va s’engager sur le terrain pour intensifier massivement ses campagnes de sensibilisation. La priorité absolue sera d’imposer des mesures de prévention strictes au sein des établissements scolaires : lavage systématique des mains (au savon, à l’eau chlorée ou à la cendre) et interdiction stricte des rassemblements et des salutations manuelles.
Cependant, le courage des acteurs locaux ne suffira pas face à ce double fardeau. Le Centre Social Mgr Bolangi Asbl lance un appel de détresse aux partenaires techniques, aux donateurs, aux ONG internationales et aux bailleurs de fonds.
L’urgence sanitaire et humanitaire est absolue. Des financements immédiats sont cruciaux pour :

  • Renforcer la communication communautaire avant que la saison des pluies n’accélère la propagation de ces maladies mortelles.
  • Équiper massivement les écoles en stations de lavage des mains et en intrants de désinfection.
  • Déployer du matériel de protection clinique et hygiénique pour briser les chaînes de transmission.


Ensemble, dans la vigilance et la solidarité, nous devons agir immédiatement pour sauver les communautés du Sud-Ubangi et protéger la vie de nos enfants.

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